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Français Vit et travaille à Almeria, Espagne Voir la video sur sa dernière exposition au Almeria City Museum - Espagne Artiste français né en 1978, il vit et travaille à Alméria, en Espagne. Il est représenté en Espagne, en France et aux USA, Charles Bignon entre dans le vif du sujet en détournant l’une des images les plus représentatives des Etats-Unis : le logo créé en 1977 par Milton Glaser pour promouvoir le tourisme dans l’Etat de New York. Il utilise New York comme icône pour parler d’une situation, pour réfléchir à la façon de communiquer, de vivre et d’appréhender le monde qui nous entoure… Le fondement de sa démarche créative est de détourner les icônes représentatives, symboles en leur temps d’un monde, d’une nation occidentale en pleine expansion. Représentation subjective des personnages connus par leur nom ou leur image, palette chromatique savamment choisie pour appuyer le propos (les trois couleurs du drapeau américain), Charles Bignon s’inscrit dans la scène post-graffiti pour nous livrer une création contemporaine et engagée. Charles Bignon exprime dans ses œuvres ce dont nous prenons tous conscience petit à petit : la consommation à outrance de biens revêt une importance capitale, trop excessive pour être honnête. Il utilise une imagerie immédiate, brutale comme support de cette dénonciation des actions égoïstes liées à la société moderne, promesses d’accès au bonheur ou du moins au plaisir, en nous intégrant tous à la masse (un rappel de ce qu’est l’American Dream et de ses désillusions…) Il stigmatise alors les objets de consommation, de communication, et met à jour les méandres de la société : l’adversité, la solitude, l’avidité, l’autorité exacerbée… D’ailleurs, le procédé créatif qu’il utilise en est un des aspects : la photographie et la sérigraphie sont des procédés qui étaient auparavant (et encore parfois aujourd’hui, malheureusement) considérés comme des techniques plus industrielles qu’artistiques. Mais il cache bien son jeu…. En effet, ses procédés de création contiennent toujours une étape plus traditionnelle de peinture à main levée, de cadrage et de composition, d’expression par les couleurs. Charles Bignon est fasciné par l'efficacité de ces représentations populaires où les objets et les passions sont réduits à un essentiel accessible et anonyme. Les couleurs sont posées en aplats, sans nuance. Ce sont des blocs de couleur uniformes qui se juxtaposent, comme les pièces d’un puzzle. Il n’y a plus l’effet des ombres et de la lumière, juste l’expression de la situation, sans sentiments. L’image est dépouillée, réduite à ses traits essentiels. La forme acquiert alors une plus grande efficacité visuelle. En outre cette technique, issue de l'industrie publicitaire pour laquelle, on s’en souvient, Warhol a travaillé, lui permet d'approcher une certaine objectivité. Cette opération aurait pour effet de séparer l'image des significations qu'on lui attribue pour n'en conserver que l'apparence, l'image pure. Influencé par le Pop Art, mais aussi par les Comics, la culture Hip-Hop… on pourrait croire que Charles Bignon est un amoureux de la culture américaine. Non. C’est juste un enfant de la modernité, qui a été élevé avec les personnages et les marques de la mémoire collective occidentale. Son atout est de prendre le contre-pied de cette éducation, d’avoir du recul et donc d’entrevoir ce qui ne va pas derrière tout ce qui éblouit… Le travail de Charles Bignon est hétéroclite et résolument inscrit dans la modernité. Avec des scènes urbaines expressionnistes, il peint l’âme et l’absence d’âme de notre société contemporaine. Qu’on ne s’y trompe pas, le titre de sa série est plus une critique sociale que géopolitique. Voilà un artiste contemporain : il mixe les techniques et influences et réagit au monde qui l’entoure, avec le sens de l’esthétisme. Un homme de cœur, sensible et engagé, mais surtout un artiste entier ! I Don’t Love NY est le début d’une expérimentation artistique basée sur une réalité-fiction. Ce tandem de concepts peut être parfaitement appliqué á chaque contexte urbain de ce monde et nous suggère une œuvre fraiche, chargée de messages et justificative d’une société changeante en formes et icones, mais pas autant en contenu. |
